67 ans — Retraité, ancien enseignant d'histoire-géographie — Lyon
12 voyages en Russie sur 12 ans, dernier voyage 2024
Spécialité : Russie impériale, culture soviétique, Transsibérien
Gérard Fontaine, le voyageur infatigable
Le crépuscule lyonnais baigne les quais du Rhône d’une lumière douce, mais c’est bien la lueur lointaine des aurores boréales ou le reflet du soleil sur les dômes dorés de l’Ermitage qui illuminent les yeux de Gérard Fontaine. À 67 ans, cet ancien professeur d’histoire-géographie, dont la retraite aurait pu rimer avec sédentarité, a choisi une tout autre voie : celle des steppes infinies, des villes impériales et des rencontres inoubliables. Douze voyages en douze ans, un rythme effréné pour un homme animé par une passion dévorante pour la Russie, un pays qu’il a vu évoluer, se transformer, mais dont l’âme, assure-t-il, est restée intacte.
Son dernier périple, achevé au printemps 2024, est le douzième chapitre d’une odyssée personnelle qui défie les clichés et les conjonctures géopolitiques. Alors que beaucoup hésitent, Gérard, lui, y retourne, armé de sa curiosité insatiable et de son carnet de voyage toujours prêt. Il est de ces rares témoins à pouvoir offrir une perspective unique sur un pays souvent mal compris. Nous l’avons rencontré pour qu’il partage son expérience, ses astuces et son regard sur une Russie qui continue de l’enchanter.
Q1 — Comment organisez-vous vos trajets depuis 2022 ?
Question : Gérard, depuis 2022, les liaisons aériennes directes entre la France et la Russie sont suspendues. Comment avez-vous organisé vos trajets pour vos deux derniers voyages, et quelles escales avez-vous privilégiées ?
Gérard Fontaine : C'est souvent la première question qu'on me pose ! La situation a complexifié les choses, mais loin de rendre les voyages impossibles, elle les a simplement transformés. Avant 2022, c'était d'une simplicité enfantine : un vol direct depuis Paris ou Lyon et quelques heures plus tard, je foulais le sol russe. Aujourd'hui, il faut faire preuve d'un peu plus d'ingéniosité.Pour mes deux derniers voyages, j’ai privilégié des escales dans des pays qui maintiennent des liaisons aériennes avec la Russie. Istanbul a été mon point de passage principal. C’est une plateforme aéroportuaire gigantesque, très bien desservie depuis la France, et Turkish Airlines propose de nombreuses correspondances vers Moscou ou Saint-Pétersbourg. J’ai également expérimenté Belgrade, en Serbie, et Erevan, en Arménie. Ces deux options sont tout aussi viables et présentent l’avantage d’être souvent un peu moins chères, bien que les fréquences de vol vers la Russie soient parfois inférieures.
Le processus est finalement assez simple : je réserve un premier vol depuis Lyon jusqu’à l’une de ces capitales, puis un second vol vers la destination finale en Russie. Il faut prévoir suffisamment de temps entre les vols — généralement trois à quatre heures suffisent. Les compagnies russes continuent d’opérer de manière très professionnelle.
Quant au visa, rien n’a fondamentalement changé. La procédure passe toujours par le centre de visas russe en France. J’ai déposé ma demande à Paris, comme d’habitude. Depuis le rétablissement de l’e-visa pour les Français en 2023, il est même plus simple pour les séjours courts. Je conseille aux gens de s’y prendre trois semaines à l’avance pour un visa classique, ou simplement quatre jours ouvrés pour l’e-visa à 52 €. L’aventure commence dès la préparation du voyage !
Q2 — Qu’avez-vous trouvé de différent lors de votre dernier voyage ?
Question : Après toutes ces années, quelles sont les différences les plus marquantes que vous avez observées en Russie en 2024 par rapport à vos séjours d'avant 2022 ?
Gérard conseille de lire notre guide argent et budget Russie 2026 avant de partir.
Gérard Fontaine : C'est la question qui touche au cœur de l'évolution du pays. J'ai eu la chance de voir la Russie se transformer au fil des ans, et les changements depuis 2022, bien que profonds, ne sont pas toujours ceux que l'on imagine depuis l'Occident.La première chose qui frappe, c’est une forme de résilience, une capacité d’adaptation remarquable. La vie continue, et elle continue avec une énergie certaine. Sur le plan économique, certes, les enseignes emblématiques comme McDonald’s ou Starbucks ont été remplacées, mais de nouvelles chaînes russes ont pris le relais avec succès. Les supermarchés sont pleins, les étals regorgent de produits locaux ou importés d’Asie, d’Amérique latine, du Moyen-Orient. La qualité est là, et les prix restent très abordables pour un Français.
Il y a eu une réorientation des chaînes d’approvisionnement et une intensification de la production nationale assez impressionnante. Les infrastructures — transports en commun à Moscou et Saint-Pétersbourg, musées, parcs — sont toujours aussi efficaces et bien entretenues.
Ce que j’ai remarqué aussi, c’est une diversification des touristes : beaucoup moins d’Européens et d’Américains, mais une augmentation significative de visiteurs venus d’Asie centrale, de Chine, d’Inde. Cela donne une atmosphère différente dans les lieux touristiques, mais je dirais que c’est un enrichissement culturel. La Russie que j’ai découverte en 2024 est un pays qui avance, qui s’adapte, et qui reste profondément fidèle à son identité.
Q3 — Comment gérez-vous les paiements sur place ?
Question : Les sanctions internationales ont bouleversé les systèmes de paiement. Comment avez-vous géré vos dépenses lors de votre dernier voyage, et quels sont vos conseils pratiques ?
Gérard Fontaine : C'est le point le plus délicat et celui qui demande le plus d'anticipation. Les cartes Visa et Mastercard émises par des banques européennes ne fonctionnent plus en Russie depuis 2022. Il faut se préparer en conséquence.La solution la plus simple reste l’argent liquide. J’emporte toujours des euros en espèces, de préférence des billets neufs et en bon état, car les bureaux de change peuvent être tatillons. Une fois sur place, je me rends dans un bureau de change officiel ou une banque. Il y en a partout dans les grandes villes, et les taux sont généralement corrects — bien meilleurs qu’à l’aéroport ou à la gare à l’arrivée. Je change au fur et à mesure de mes besoins, plutôt qu’une grosse somme d’un coup.
Une option très pratique que j’ai testée est la carte UnionPay, le système de paiement chinois, largement accepté en Russie. Si vous pouvez en obtenir une avant le départ — certaines banques en France ou en ligne la proposent — cela facilite grandement les paiements dans les commerces et les distributeurs automatiques. Pour ceux qui passent par le Kazakhstan ou l’Arménie comme escale, certaines banques locales permettent d’en ouvrir une rapidement.
Pour mon dernier voyage, j’avais emporté 600 euros en cash, que j’ai changés en trois fois à Moscou et Irkoutsk. Cela a largement suffi pour deux semaines en incluant l’hébergement, les repas et les activités. La vie quotidienne est peu chère pour un Européen : un repas complet dans un bon restaurant coûte rarement plus de 15-20 euros, les transports en commun sont dérisoires.
| Moyen de paiement | Fonctionne en Russie en 2026 | Remarque |
|---|---|---|
| Carte Visa/Mastercard européenne | Non | Bloquée depuis 2022 |
| Espèces (euros) | Oui | Change en bureau officiel, taux corrects |
| Carte UnionPay | Oui | À ouvrir avant le départ si possible |
Conseil : changez votre argent liquide au fur et à mesure plutôt qu’en une seule fois, et privilégiez les bureaux de change en ville plutôt qu’à l’aéroport ou à la gare, où les taux sont moins avantageux.

Q4 — Que conseillez-vous aux Français qui hésitent à partir ?
Question : Il y a en France beaucoup de personnes qui rêvent de voyager en Russie mais hésitent, pour des raisons politiques, pratiques ou par manque d'information. Que leur dites-vous ?
Gérard Fontaine : Je leur dis d'abord de dépasser leurs aprioris et de [découvrir des cultures différentes au travers de la littérature et des voyages](https://emile-nelligan.com/) — parce que comprendre un peuple avant d'y aller, c'est le meilleur vaccin contre les mauvaises surprises. Ensuite, je leur dis de faire le voyage.La principale crainte, c’est la sécurité. Je peux témoigner que je n’ai jamais ressenti de menace en tant que touriste français en Russie, même lors de mes voyages post-2022. Les Russes ordinaires n’ont aucune hostilité envers les visiteurs étrangers, bien au contraire. Les touristes occidentaux sont rares et donc précieux, en quelque sorte. On vous accueille avec une curiosité bienveillante.
La deuxième crainte, c’est l’organisation. C’est vrai que voyager en Russie demande un peu plus de préparation qu’avant — le visa, l’acheminement via pays tiers, l’argent liquide. Mais rien de tout ça n’est insurmontable. Une agence spécialisée peut prendre en charge la plupart de ces aspects.
Ce que je conseille concrètement : partez de préférence en mai-juin ou en septembre-octobre, évitez l’été au sens strict car c’est très chargé. Restez minimum deux semaines pour absorber la différence culturelle et le décalage de rythme. Et surtout, sortez des sentiers battus : Kazan, Irkoutsk, Vladivostok valent autant que Moscou et Saint-Pétersbourg. Ces villes moins connues des touristes occidentaux sont souvent les expériences les plus mémorables.
Q5 — Le Transsibérien est-il toujours dans vos projets ?
Notre itinéraire complet du Transsibérien Moscou–Vladivostok détaille les étapes, les classes et les prix 2026.
Question : Le Transsibérien est souvent le rêve ultime des amateurs de voyage en Russie. Est-ce dans vos projets, et pensez-vous qu'il soit encore accessible pour un voyageur français en 2026 ?
Gérard Fontaine : Le Transsibérien ! Oui, c'est LE grand projet, celui que je médite depuis mes premiers voyages en Russie. J'ai déjà voyagé sur des tronçons — Moscou-Novossibirsk, puis Novossibirsk-Irkoutsk lors de deux voyages distincts. Mais le grand trajet intégral Moscou-Vladivostok, non, pas encore. Et oui, je le ferai, probablement en 2026 ou 2027.Concernant l’accessibilité, je peux rassurer les voyageurs français : le Transsibérien fonctionne normalement en 2026. Les trains circulent quotidiennement sur la ligne, RZD maintient ses horaires, les wagons sont confortables et la provodnitsa veille sur chaque wagon avec une attention indéfectible.
La principale difficulté pour un Français reste la réservation et le paiement des billets, puisque rzd.ru ne prend plus les cartes européennes. Mais c’est exactement là qu’interviennent les bonnes agences spécialisées : des circuits organisés en Russie et Transsibérien proposent des formules clés en main qui gèrent billets, hébergements aux étapes et même les visites guidées dans les villes d’arrêt. Pour un premier Transsibérien, c’est une excellente option qui enlève tout le stress logistique.
Ce que j’attends le plus dans ce voyage ? Nuit après nuit à regarder la Sibérie défiler par la fenêtre, la transformation progressive du paysage des forêts de bouleaux vers les steppes et les montagnes, les conversations dans les wagons avec des Russes de toutes régions. C’est une retraite philosophique de 6 jours au milieu de nulle part, et cela me semble être le voyage ultime pour un historien-géographe comme moi.
Q6 — Comment les Russes perçoivent-ils les Français aujourd’hui ?
Question : Dans le contexte actuel de tensions diplomatiques, comment avez-vous été perçu et accueilli en tant que Français lors de votre dernier voyage ?
Gérard Fontaine : C'est une des choses qui me touchent le plus à chaque voyage. La réponse est systématiquement : la chaleur, la curiosité, et parfois une vraie émotion de voir un Français arriver. Les Russes font, comme nous, une distinction fondamentale entre la politique des gouvernements et les peuples eux-mêmes. Ils ne confondent pas les sanctions décidées à Bruxelles avec les sentiments du touriste français qui se retrouve en face d'eux à la table d'un compartiment de train.J’ai été invité à partager des repas de famille par des inconnus croisés dans un train, des habitants d’Irkoutsk m’ont proposé de me faire visiter leur ville en dehors des sentiers touristiques, une famille de Kazan m’a offert du thé et des pâtisseries tatares en apprenant que je venais de France. Ces gestes de générosité spontanée sont très émouvants.
Une anecdote me reste en mémoire : dans un café de Moscou, le serveur, un jeune homme d’une vingtaine d’années, a reconnu mon accent. Quand il a appris que j’étais français, il a pris le temps de me parler de ses films français préférés (Amélie Poulain, Les Intouchables), de son envie de visiter Paris un jour. Il n’y avait pas la moindre trace d’hostilité ou de ressentiment. C’est cette Russie-là que je veux montrer aux Français : une population ordinaire, cultivée, curieuse du monde, qui n’est pas son gouvernement et ne se réduit pas aux gros titres des journaux.
Bien sûr, il ne faut pas aborder la politique directement dans les conversations — ni d’un côté ni de l’autre. C’est une règle non écrite que tout voyageur respectueux adopte naturellement. Mais sur la culture, la gastronomie, l’histoire, la musique, les Russes sont intarissables et passionnants.

Q7 — Les musées et la vie culturelle sont-ils toujours accessibles ?
Question : Pour un voyageur cultivé comme vous, les musées et la vie culturelle comptent beaucoup. Comment se portent-ils en 2024 ? L'Ermitage, les musées de Moscou, les spectacles sont-ils toujours accessibles pour un touriste français ?
Gérard Fontaine : Excellente question, et la réponse est oui, pleinement, sans réserve. L'Ermitage de Saint-Pétersbourg reste l'un des plus grands musées du monde, et il fonctionne normalement, avec ses 3 millions d'œuvres, ses galeries somptueuses et son palais d'hiver qui vous coupe le souffle à chaque visite. J'y suis retourné lors de mon dernier séjour, et j'ai même pu profiter d'un avantage inattendu de la situation : il y a nettement moins de groupes de touristes occidentaux qu'avant 2022. Les files d'attente sont réduites, l'atmosphère est plus sereine.À Moscou, le musée des Beaux-Arts Pouchkine, la galerie Tretiakov avec ses icônes byzantines et ses maîtres russes du 19e siècle, les musées du Kremlin — tout est ouvert et fonctionnel. L’achat des billets se fait en espèces ou parfois via des sites russes de réservation en ligne, mais cela n’a rien de compliqué. Les prix sont dérisoires pour un Européen : l’Ermitage coûte environ 700 roubles (7-8 euros) pour un adulte étranger.
La vie théâtrale et musicale est également très active. J’ai assisté à un concert au Conservatoire de Moscou lors de mon dernier voyage — sublime — et à un ballet au théâtre Mariinsky de Saint-Pétersbourg l’année précédente. Les billets s’achètent en espèces aux guichets ou via les sites officiels des théâtres. Je recommande particulièrement le Mariinsky pour le ballet et le Grand Théâtre de Novossibirsk, moins connu des touristes mais exceptionnel dans son genre.
Les bibliothèques, les galeries d’art contemporain, les marchés artisanaux — tout est là, vivant, actif. La culture russe ne s’est pas renfermée sur elle-même, elle s’est peut-être même renforcée dans son identité propre. C’est fascinant à observer pour un historien.
Q8 — Quelle est votre étape préférée en Russie ?
Question : Après douze voyages, vous avez exploré des dizaines de villes et de régions. S'il fallait ne retenir qu'une étape, un lieu, une expérience — quelle serait-elle ?
Gérard Fontaine : Sans hésitation : Irkoutsk et le lac Baïkal. C'est l'étape qui m'a le plus marqué, lors de mon quatrième voyage en 2018, et qui m'a fait revenir dans cette région à deux reprises depuis. Il y a quelque chose d'unique dans ce coin de Sibérie qui touche à quelque chose de profond, d'universel.Irkoutsk elle-même est une ville magnifique, souvent sous-estimée. Le centre historique avec ses maisons en bois du 19e siècle, finement sculptées et colorées, est un bijou architectural que beaucoup ignorent. La ville a une âme de carrefour des civilisations — c’était jadis un point de passage obligé sur la route du thé de Chine, et les marchands qui s’y sont installés ont laissé un patrimoine extraordinaire.
Mais le lac Baïkal, à 70 km de là, c’est une expérience spirituelle. Je ne dis pas ça légèrement. Ce lac est le plus ancien de la planète, 25 millions d’années, et le plus profond, 1 642 mètres. Son eau est d’une transparence absolue — on peut voir jusqu’à 40 mètres de profondeur en été. En janvier, quand le lac gèle sur plusieurs mètres, la glace translucide capture des bulles de méthane en suspension, formant des motifs comme des sculptures naturelles. J’y suis allé en hiver une fois, et ces bulles figées dans la glace bleue sont parmi les plus belles choses que j’aie vues de ma vie.
J’ai mangé de l’omoul fumé sur les rives de Lisktvyanka en regardant le soleil se coucher sur l’eau. Les phoques nerpa, endémiques au Baïkal, jouaient dans l’eau à quelques dizaines de mètres. C’est un de ces moments dont on se souvient toute sa vie. Si je pouvais emmener tous mes anciens élèves quelque part en Russie, ce serait sur les rives du Baïkal.
Q9 — Votre message final aux Français hésitants ?
Question : Pour terminer, Gérard, quel est votre message aux Français qui rêvent de Russie mais n'osent pas franchir le pas, par peur du contexte géopolitique, par incertitude ou par manque d'informations ?
Gérard Fontaine : Mon message est simple : ne laissez pas les émotions géopolitiques du moment voler votre vie de voyageur. L'histoire est faite de tensions, de conflits, de périodes compliquées, et si l'on avait attendu que le monde soit parfaitement apaisé pour voyager, on n'aurait jamais rien vu.Je ne suis pas naïf, et je ne dis pas que tout est simple ou sans complexité éthique. Chacun doit faire ses propres choix en conscience. Mais si vous voulez voyager en Russie pour rencontrer son peuple, découvrir sa culture millénaire, traverser des paysages à couper le souffle et comprendre une partie du monde qui nous est de moins en moins familière — c’est possible, c’est accessible, et c’est une expérience enrichissante à tous les niveaux.
Ce que j’ai rapporté de mes douze voyages en Russie, c’est une compréhension plus fine, plus nuancée, plus humaine d’un pays qui est trop souvent réduit à ses dirigeants ou à ses événements politiques les plus dramatiques. Les Russes ne sont pas monolithiques, ils ne sont pas tous identiques dans leurs opinions, et ils méritent d’être rencontrés individuellement, comme tous les peuples du monde.
Préparez-vous bien — visa, argent, acheminement — et lancez-vous. Vous reviendrez transformés, j’en suis certain. C’est la Russie qui vous fera ça.
En bref — 5 idées reçues sur la Russie en 2026
1. “La Russie est en ruine économique” → Faux. Les grandes villes — Moscou, Saint-Pétersbourg, Novossibirsk — affichent une vie économique active. Les supermarchés sont pleins, les restaurants bondés, les centres commerciaux vivants. L’adaptation s’est faite rapidement.
2. “Les touristes français sont mal vus en Russie” → Faux. La population ordinaire accueille les Français avec chaleur et curiosité. L’hostilité politique ne se traduit pas en hostilité individuelle envers les visiteurs.
3. “On ne peut plus payer nulle part” → Partiellement vrai. Les cartes Visa/Mastercard ne fonctionnent plus, mais les espèces (euros convertis en roubles) et la carte UnionPay fonctionnent très bien dans tous les commerces.
4. “Les musées et monuments sont fermés aux Occidentaux” → Faux. L’Ermitage, le Kremlin, la galerie Tretiakov, le Mariinsky — tous sont ouverts et accessibles aux touristes de toutes nationalités.
5. “C’est trop compliqué à organiser” → Relativement vrai mais surmontable. Cela demande plus de préparation qu’avant 2022 (visa, acheminement, espèces), mais une bonne agence spécialisée peut gérer l’essentiel.
Les 3 conseils de Gérard aux Français
1. Prévoyez vos finances avant le départ. Emportez au minimum 500 € en espèces (euros), et changez-les en roubles dans les bureaux de change officiels en ville. Renseignez-vous sur la possibilité d’obtenir une carte UnionPay avant le départ — cela facilite beaucoup les paiements quotidiens.
2. Choisissez bien votre escale. Istanbul (Turkish Airlines) est la plus pratique et la mieux desservie depuis la France. Belgrade (Air Serbia) et Erevan sont des alternatives valables, souvent moins chères. Prévoyez 3 à 4 heures entre les correspondances pour éviter le stress.
3. Sortez des grandes villes. Moscou et Saint-Pétersbourg sont incontournables, mais Kazan, Irkoutsk, Oulan-Oudé et Vladivostok offrent une expérience plus authentique, moins touristique, et souvent plus mémorable. Le lac Baïkal, surtout, est un must absolu pour tout voyageur en Russie.
Gérard Fontaine prépare actuellement son treizième voyage en Russie — le grand Transsibérien intégral Moscou–Vladivostok, prévu pour l’automne 2026. À 67 ans, l’enseignant retraité prouve que la curiosité intellectuelle et l’ouverture au monde n’ont pas d’âge, ni de frontière.